Épreuves de l’enseignement artistique

Œuvres et thèmes de référence – année scolaire 2015-2016 et session 2016 du baccalauréat

Arts plastiques – Enseignement de spécialité, série L

Gustave Courbet (1819-1877)

Né en 1819 à Ornans dans le Doubs, Gustave Courbet est un artiste français dont l’œuvre offre un exemple hors XXe siècle approprié à la compréhension du programme de terminale L.

Formé dans la mouvance préromantique, Gustave Courbet est adepte du Louvre où il étudie les maîtres, notamment ceux de l’école espagnole du XVIIe siècle comme Vélasquez, Ribera et Zurbaran. C’est à cette source qu’il puise. Pourtant, peintre insoumis et frondeur, Courbet est au cœur de l’effervescence artistique et politique. Sous l’impulsion de Jules Champfleury, il jette les bases de son propre style : le réalisme, saisi sous l’angle des idées politiques de l’époque.

Si Gustave Courbet n’a pas changé la peinture elle-même, il a radicalement fait évoluer le sujet et surtout la manière de peindre. Rares sont les artistes qui ont davantage que Courbet construit leur carrière en ayant recours à la stratégie du scandale. Au XIXe siècle, la peinture de Courbet se trouve au cœur d’une entrée dans l’âge démocratique de l’art. Aujourd’hui, l’œuvre de cet artiste permet de réévaluer les enjeux liés à la question de la modernité en art.

 

Marcel Duchamp (1887-1968)

Peintre, plasticien et homme de lettres, Marcel Duchamp transgresse très vite les coutumes et conceptions académiques, bouleverse l’art du XXe siècle et ouvre la voie aux démarches artistiques les plus audacieuses. Par son invention du ready-made, il confirme sa théorie de l’art comme art mental et s’inscrit dans la lignée des artistes dont le goût pour les questions d’esthétiques aboutit, dès 1970, à l’art conceptuel. Il est ainsi l’initiateur de nombreux courants artistiques de la seconde moitié du XXe siècle. Son influence est déterminante et son œuvre nécessaire à la compréhension de l’art dans notre société contemporaine.

 

Le monde est leur atelier : Ai Weiwei, Gabriel Orozco, Pascale Mhartine Tayou, trois artistes contemporains extraoccidentaux

En s’appuyant sur des œuvres de ces trois artistes, l’objectif est de soutenir l’investigation de l’entrée de programme portant sur l’œuvre et le monde en focalisant sur « la tension entre la dimension locale et mondiale de l’œuvre, etc. » Il s’agit d’articuler cette approche précise à l’apport d’autres références dans la visée globale du programme qui interroge ce qu’est « faire œuvre ».

Ai Weiwei, Gabriel Orozco et Pascale Mhartine Tayou sont trois artistes extraoccidentaux. Circulant dans le monde, ils tirent parti des cultures, des lieux, des matériaux, des contextes, des arts de faire et de leurs possibles paradoxes. Ils en manipulent et confrontent à dessein les dimensions universelles et les stéréotypes, les natures savantes et populaires, les enracinements et les bouleversements. Ce sont les espaces d’élaboration et d’expérimentation de leurs démarches. La diversité caractérise leurs créations : pluralité des codes culturels et des symboles saisis, variété des domaines artistiques associés, multiplicité des techniques et des technologies sollicitées. À l’instar de nombre de leurs contemporains, ils provoquent des mutations dans les processus artistiques, qu’ils enrichissent de l’interculturalité. Ils proposent des hybridations entre des formes d’expression artistique ou des métissages entre des cultures locales et globalisées. Ils utilisent des médiums variés (dessin, peinture, photographie, vidéo, sculpture…) dans différentes situations (expositions, installations, in situ, réalisations monumentales, architecture, utilisation de réseaux sociaux, etc.).

Une sélection d’œuvres emblématiques de ces trois artistes pourra être opérée par chaque enseignant, afin de les mettre en relation en tenant compte de leurs dimensions formelles, techniques, symboliques et sémantiques, à partir des repères indiqués ci-après, sans pour autant devoir s’y limiter :

– exploitation artistique d’un lieu et de ses matériaux (physiques ou culturels) et adaptation d’une démarche de création à l’observation d’un environnement, d’une société ou d’une culture ;

– dépassement dans la pratique artistique des catégories en art et des possibles stéréotypes culturels (attendus folkloriques locaux, partis pris identitaires, ambiguïtés projetées sur le primitivisme, etc.) ;

– dencontre et combinaison, recherche de dialogues et de réciprocités, entre des pratiques artistiques ou des éléments culturels enracinés localement et des notions d’art s’exerçant dans de vastes régions du monde (Afrique, Amériques, Asie, Europe, etc.) ;

– interrogation de modèles ou de canons artistiques hérités de dominations d’États, de sociétés, de valeurs ou de références culturelles sur d’autres ;

– élargissement des conceptions de l’œuvre et de l’artiste pour témoigner du monde dans sa globalisation et pour y agir en exerçant la liberté de création ;

– (…)

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